Sarah ZINE

RECUEIL de poésie

Et pour se battre c'est assez

 

Mon père nous aurons des boucliers


Tahar

 

J'en fus réduite encore à chercher le soleil

Pour ne pas mourir Tahar pour ne pas mourir

De froid

Je vis mon être désarticulé sur un champ de bataille

Je vis l'aveugle s'étrangler en terre étrangère

Interrompre nos lèvres et ce malaise puéril

Ce vertige que nous sommes

Venus pour écrire

 


Et je ne fus que pour vous plaire cet ange entêté

 

Et je ne sus que sourire à vos falaises défigurées

A nos victoires mesquines à nos chers blessés

A leurs cris troublants à leur chair martyre

A tous les barbares innocents

 

Il ne restait qu'à se perdre dans la mer illusoire

Il ne restait que cela l'extrême illusion

Alors j'ai voulu n'être plus jamais libre

Que dans les tours des prisons

 


Et pourtant s'il y avait des hommes sensibles

 

J'irais encore avec eux à l'encontre des précipices

J'irais encore en français si les monstres généreux

Si à la place d'être sourds

C'est mes artères qu'ils écoutaient

 


Ecoutez

 

Je sais dans mes viscères

Que l'ivresse est la vérité

Je sais que la toux me vient du vent

Et les bronches de l'intérieur

C'est de l'intérieur

Qu'est la branche de bois mort

 

Et quand bien même je serais ce soldat déjà mort

Moi je courrais si seulement j'avais le courage de courir

Et même si même si je renonçais

A m'ouvrir le ventre pour voir

S'il n'y avait rien s'il n'y avait rien

Alors pourquoi vivre pourquoi


Malgré les armes

 

Je pourrais cent fois mourir et cent fois recommencer

Car il faudrait plus de mille vies

Plus de mille remèdes pour guérir ces œdèmes

 

Tant pis Tahar tant pis le mal est fait

Tant pis pour ceux qui sont revenus

Ils ont pleuré sur nos tombes des pleurs de calcaire

 

Tant pis j'étais malhonnête et j'ai dis

Si je suis malhonnête

Je pourris l'humanité

Alors avant d'aller

Aux chiens donner ma chair

J'irai d'abord l'encaisser

De cailloux

J'irai aux chiens

Aux chiens aux chiens


Après ma mort (1)

 

J'ai laissé de moi dans la neige

Un peu de moi résolue

Et dans la neige palissandre

Je me suis rendue

Terrible et presque saccadée

 

J'ai mis dans ces bandes rougies ma chair de glycérine

Et la voix qui rassure et le vent qui s'éparpille

 

J'ai mis dans mon sang le plâtre et la rouille

Comme un linceul blanc sur mes paupières de frelon

 

Enfin j'ai sauvé ma peau sans conséquence

Et des tours et des tours dans ces mains gigantesques

 

Enfin j'ai mis tant de vin dans ma tête

Et laissé dans la neige

Tant de moi résolue

Que dans la neige palissandre

J'en suis devenue

Terrible et presque saccadée


Après ma mort (2)

 

Il y eut dans le fond

De brûlure et de vice couleur de charbon

Des visages tendus de sagesse et d'oubli

Le remord d'être sourd

 

Après ma mort des kilomètres à gravir

Il y eut des fleurs pour s'émouvoir

Puis renaître fumée

Il y eut l'espoir pour s'évanouir

Puis renaître vapeur

 

Après les heures d'errance de nous soldats

Enfin ce fut à peine audible

Enfin la nuit sur mes rétines

 

Et sur le reste comme tout à présent

M'est étrange et indifférent


Parle-moi de la guerre

 

J'irai pieds nus sur le lac briser mes mains sur les cailloux

J'irai encore casser le sel _ peut-être_ c'est difficile

 

Ce que je veux c'est la longue marche sur les stèles

C'est déchirer le blanc des yeux

Ce que j'espère est déjà source de malheur

Déjà obscur et maladroit

Ce que je veux est source de leurs armes

Brûlure de leurs corps et terriblement imbécile

Ce que je crois cigale maudite

Ce que je veux c'est parle-moi de la guerre

 

Toi qui sais ce que j'ai fait

Malgré les armes et les armées

 

 


Il y a une guerre

 

Entre être sain et être malsain

Entre êtres maudits

Il y a une guerre

Mais combien d'innocents

D'intimidés

 _  il y a une guerre

 

Egorgé sur des genoux qui ne tremblent pas

Sous le poids d'un si peu terrible enfant

 

Je vous l'ai dit maintenant

Ce qu'est un innocent


Le monde est miracle ensommeillé

 

Périple vain

Anéanti

De rêches et maigres consolations

 

L'univers est soldat viril qui se prépare

Est le summum du viril

Est le viril désincarné

Est dieu

Dieu à battre en retraite à remplir les tranchées

 

Le monde est carnassier qui dévore sa pâleur

Lenteur et victime cachexiée

 

Et il meurt d'anémie



J'ai horreur de moi

 

Tout n'est que toi

Ville du mal

Et tout n'est qu'une

Apparence malsaine

Tout n'est que mystère

Désir d'être et

Je reste immortelle

Désir insensé

Mystère d'individu

Désir d'être et

Je reste unicité

Miracle maudit

 

Terre terre

Rivage à nouveau

Mais je reste indivisible

Tout n'est que toi

Hivernal

Ville d'étendues

Tout n'est que moi

Monstre en transition

Monstre en mal

D'hivers moins froids


Moi aussi je suis noire

 

Moi aussi

Je suis noire de suie

Gouffre d'incohérence

Je suis aussi

Rouge entre les briques

Je suis aussi

Blanche comme neige

Avare de couleurs

Pitoyable à votre soleil

Je me mens Je me crois

Je me prostitue

Au moins autant

Que Vous_Nous

Constituons donc une

Ouverture vers d'autres

 
Horribilités

 


Mon sourire

 

Est une véritable

Dislocation

Un sursaut

J'étais snipper

A

Sarajevo

Gorazde

Bihac

Srebrenitsa

Knip

 

Enclave musulmane

J'étais colombe

A

            Sainte Anne


Et si tout n'était qu'un visage

 

Je serai celui-là


Vous savez ce qui me sauve

 

C'est le mépris de la poésie

 

C'est que nous sommes des surfaces

Dont les reflets font des flammes

Superficielles

 

 


Foi profession armes etc.

Réclusion peine perdue

 

Me voici pendue

Je mime un pantin et je ne suis même pas cela

Pendue à la source à la lampe à la fumée

Me voici entre mille plus austères que moi

 

Et il est heureux comme déjà boire est un dégoût

Et il est certain plus cogné que moi-même

Plus corné que ces murs

Et il est certain que dans nos pas séculaires nous tranchons dans le vif

 

Mais que reste-t-il et qui s'en souvient

Qui m'attend déjà dans le doute

Dans le vain espoir dans l'après deux mille ans

Dans l'après-guerre qui prétend encore

Qui prophétise dans le retour du printemps

 

Qui se moque et rit aux larmes

Qu'il rie bien celui qui rira

Rira le dernier


 Misérable résistance

 

La brûlure qu'on enraye

Devient migraine

Car nul ne peut se rendre

 

A l'évidence

 

Nous serons petits

Et nous serons fiers

Encore éblouis

Mais ivres de lumière


Ne pas se perdre ne pas se taire être vrai la vérité

 

Le cri de tout ce que je hais

Le plus maudit

Etre libre absolument

Etre libre et qu'importe le prix

Vivre vivre l'existence passagère

Libre ou l'existence meurtrie

Vivre vivre et n'en plus finir

Mon histoire sans histoire

 

Vous faites fausse route m'a-t-on dit


Le cri ce qu'il en reste

 

Voilà ce qu'il reste

La nuit venue

Quand les murs s'étiolent

Et se marchent sur les pieds

Quand ils jonchent le sol

Et tout ou presque

De nausée


Alors pourquoi pourquoi

 

N'y a-t-il pas au-delà d'exils possibles

N'y a-t-il pas un être

Un seul au monde qui ne s'évade

N'y a-t-il pas au-delà

Vers d'autres rives des hommes sensibles

Sur d'autres continents des terres d'asile

N'y a-t-il sur terre qu'un seul chemin

Un seul si long et si difficile

Et n'y a-t-il rien au-delà

Que des fractures que des fractures


C'est les plumes c'est les couleurs

 

C'est l'armure sur ton front

C'est le regard de perles fixes

La peinture qui t'entoure

Qui te ceint c'est le signe

Qu'après la guerre il y a le feu

Le silence des totems

 

Tout ça pour moi

Graver l'encre et le soleil

 

Se souvenir d'insomnies


Qu'ils s'en souviennent

 

Comme d'un être malade

Qu'ils disent après tout _ très cher

J'étais médecin pendant la guerre

Moi aussi je me souviens

Qu'ils disent après tout

C'était ma sœur c'était mon frère

 

Du sol où j'ai sommeil

Du soleil de mes veines _ ça aussi je m'en rappelle

Du plein bonheur

Apres tout moi aussi j'ai faim et je creuse

Moi je vis quand même quand j'ai sommeil

Et je me repose

C'est encore mieux que dormir

C'est encore mieux ce putain de réveil

Au regard pétrifié

Aux mains de sable aux gestes blancs

C'est mieux quand mon corps est ce corps putréfié

 

Mais je ne sais ni rendre ni donner

Et je suis là dans cette eau

Je croupis dans ce linge

Je suis de là-bas

Je repars je reviens je reste moi aussi

Car mon pays n'est-ce pas le désert


Mais si j'ai marché j'ai marché loin

 

Cent fois rendu les armes

Cherché le remède

Perdu leurs bâtiments hurlé leurs navires

 

Mais si j'ai marché j'ai marché loin

J'ai marchandé les rivières

Cent fois je me suis répétée

Sur des paliers empourprés

Sur des ruines sur des marches

Pour leur affreuse poupée j'ai troqué mon visage

 

Mais si j'ai marché j'ai marché loin

J'ai retrouvé la terre pour nous marteler

Car la terre c'est la terre pour terrasser les statues

Car la terre c'est la terre déracinée

Déracinée moi je volerai leurs pirogues

Je descendrai les fleuves les fleuves

 

Et moi aussi j'irai quand l'hiver décervelé

Quand la cire déversée

Quand le sol s'ouvrira couvert de prairies

De couleuvres et d'immenses maladies

Moi aussi j'irai


Je m'en vais

 

Je n'ai que ma peau qui m'appartient

Ma peau d'angoisse

Je n'ai que ma peau

Et je ne vais nulle part car elle est poisseuse

 

J'ai ma peau d'écailles de monstre

Ça aussi est incompris

J'ai ma peau d'écailles de monstre

Et toi aussi ta peau est douloureuse

Et ta peau d'écailles sans métamorphose

C'est ta seule vérité

C'est la seule vérité

Je m'en vais

 

J'ai lu ton livre triste et merdeux

Et j'ai compris qu'il n'est pas pour moi

Puisque même l'eau nous ne la buvons pas

A la même source

Moi qui suis de mœurs certaines

Je m'en vais

 

Oui j'ai 40 ans et je sais

Tout est perdu

Mon silence seul est l'œuvre d'un dieu malheureux

Et qui me protège et qui sait qui je suis ( ?)

Alors il faut partir

Ne plus revenir


J'irai

 

A moi ces empires à moi ces couleurs

Ces épines sans couronne

Et pour suivre le sol le soleil dessalé

CETTE FOIS

J'apprendrai l'hébreu la ferraille et le feu

 

Mais bien sûr sans plus réfléchir

Mais bien sûr bien sûr je marcherai

Encore

Et cent fois rendre les armes

Chercher le remède

Cent fois

GUERIR


Retraite en ce pays noir de neige

 

C'est aujourd'hui qu'il faut se soumettre

Aujourd'hui se convertir

A utopie le non-jardin

 

Et le monde traita des captifs afin qu'ils s'enfuient

Afin qu'ils ne trahissent dans leur gorge pourrie

Cette si pure vérité


Ma parole

 

Je n'ai pas su quoi répondre et la veine fut ponctionnée

La veine de mon poignet la veine de ma main

Je n'ai pas trouvé la part de ce qu'il faut dire

Et le sang fut prélevé le sang fut sommé de parler

Et il dit il dit il dit

Moi aussi j'ignore laissez-moi mourir mourir en caillot


C'est à dire que nous ne devons plus parler ce langage

 

Car tout cela est mauvais

Et parler nous ne savons pas le faire

Anonner est pour ceux qui savent et qui ne sont plus

De ma famille

Pour ceux qui ont perdu mon nom mon nom va revenir

Revenir et être écrit voilà ce qu'il nous faut

 

Et si mon fils est sans courage car il est mon fils

Enfant sans courage quand même tu apprendras tu sauras tout

Ce que tu dois


Et c'est ça j'ai accumulé les mots que je connais

 

J'ai dit toute la vérité

J'ai appris l'arbre est brûlé par le feu

J'ai siégé 40 jours et 40 nuits

Sans redescendre sans rien cueillir sans rien attendre

 

Et comme rien n'a eu lieu comme rien n'est comme l'arbre

La mort le mont s'est creusé creusé

Comme le sol d'une montagne

 


Si je pouvais concilier

 

Non je ne peux pas concilier

Toi et ce crachat qu'est la montagne

Toi et ce crachat

 

J'ai cru avoir déjà écrit

Que mon vendredi n'est pas vain

Mais je n'ai plus écrit

Parce que c'était interdit

Parce qu'écrire n'a pas de sens

 

Non ça n'a plus de sens et c'est interdit

Je ne fais pas ce qui interdit est interdit


L'Himalaya de près

 

Parait petit

Au sommet de l'art

Est l'expertise

D'ailleurs

L'œil aguerri ne caresse

Que du regard


Concession

 

Moi l'alcool de fruits trop mûrs

J'en ai vraiment trop pris

Moi je fus profane et je fus

Noire jusqu'à l'orgie

 

Moi le sang du monstre fut le mien _ bien sûr

Car après tout la salive a sali mes lèvres

Mais je continue

Puisqu'il y a peut-être dans ton ventre

Un peu plus d'amour que de bactéries _ mais je m'habitue

Et bien plus de désir aussi

Et bien plus d'envie

 

Mais toi je te connais le tuberculeux

Et si tu avais la peste tant pis


Rêves d'épaves

 

Une fumée imperceptible et grise de concessions

Derrière nos envies de titan et nos rêves d'épaves

Quand nous emportera le courant

Nous serons galériens minables fugueurs

 

Car c'est dans nos veines que l'on puise

La fièvre et le courage

Sur des rails absurdes que l'on traîne

Des camions de rage et de bêtes malsaines

 

Mais en face de l'homme qui rétrécit

Le courant d'air se fige

Et le silence reste l'inaccessible

Refuge des larmes que l'on piétine

 


Je ferai

 

De ma gorge en feu jaillir les serpents

Je la ferai bleu vif ma peinture d'orage

Je la ferai pénible un peu lancinante

Je la ferai tourmente ma salive _ infatigable

 

Je la ferai tempête et/ou démence

Je la ferai salée ma sentinelle de cuivre

Et de ma gorge en feu j'en ferai le dégoût

Je ferai d'un seul éclat ce rire immense


J'ai pris la sage décision

 

De n'être que moi-même

Sans fioriture (quel mot bizarre)

Sans quitter Jérusalem


Il fallait repousser

 

La neige aux frontières

Car au fond notre amour est ainsi

Qu'une faillite gigantesque

Il fallait qu'on trépigne et qu'on s'y reprenne

Il fallait qu'on s'acharne

 

Il fallait ce geste improbable

Car au fond tuer l'encre elle-même

C'est parodier le geste

C'est repeindre toujours

La même fresque et toujours

Les mêmes certitudes

 

Il fallait bien ces grenades

Pour que s'épuisent nos racines


Et si nous n'avons pas de racine

Nous n'aurons pas non plus de toit

 

Un jour c'est nous qui chargerons les camions et ce toit nous l'aurons

De la provocation voilà

 

Et si ce n'est pas pour nous

Ce que je veux bien ce que j'accepte

Alors qu'est-ce qui est pour nous

 

Aujourd'hui nous sommes quittes

 

 

 

 


L'entrée en matière

 

Il faut un moteur de misère

Déplacer ces rochers déplacer ces rivières

Et une plaie bien plus profonde

Il faut le vent du désert

Pour assécher nos offrandes

Et bien plus encore pour détruire nos armées

 

 

 


Quand la mer s'ouvrira

 

Je marcherai

Moi aussi j'écrirai

Sur les tables de pierre

Ce qu'est le sommeil

Ce qu'est l'insomnie

Moi aussi j'irai

Quand devant les armures

Les uns et les autres

Il faudra combattre encore combattre

Je grandirai

Je dirai au soldat

Reviens soldat

Reprends tes armes de bois

 

Moi je marcherai

Et quand la terre s'ouvrira

J'aurai les territoires d'outre-mer

J'aurai ce hâle hors du corps

Qui me dessèche et me va bien

Je serai malhonnête

Quand j'aurai perdu ma chair

Je raclerai le sol à même le sol

Après le sol je raclerai les feuilles

Et sous le soleil

Nous aurons tous la peau mate


Grande fatigue

 

Ces pieds ces mains percés

Ce repère nettoyé

C'est parfait

 

Boire aux barriques se reproduire

C'est parfait

 

Encore du pain déguelasse _ du pain ça ?

De l'eau salée _ encore

De la pluie sèche

Des râpes de fer pour nous calmer

Des cabanes poisseuses mais où

Où ça être ailleurs sans être étranger _ où


Le doute agonise et je l'étreins fébrile

 

Entre mes veines innocentes

Et les phrases incomprises

Comme à l'accoutumée

Des phares de nos villes

Je bois l'angoisse ambiguë

Et serre contre mon front

La hantise du compromis

 

Après le déclin de nos rétines

Combien d'espoirs se sont éteints

Et contre cela

Que peut la médecine


De quel mur recouvert

 

De quel temple détruit

D'où vient ce travail

Ce temps de chien ces douleurs de fourmis

De quel éternel combat

De quelle preuve

De quel genou brisé remplacé par l'acier

 

Je sais cette médecine de merde

Et je ne suis en rupture d'aucune maladie


Il n'y a pas de calcul savant dans toute cette entreprise

 

Pas d'avancement non plus que je sache

Pas de travail non fait qu'il reste à faire

Il n'y a rien que je sache

 

Rien de sombre ni d'obscure en aucune façon

Rien d'occulte ni d'ésotérique dans ces menaces

Rien que je n'ausculte

 

Mais j'écoute je vous entends

Je vous pressens je vous perçois dans le fil

Imperceptible renoncement _ à petits pas

A peine sortie de l'auberge de ces tracasseries

De ces mesquines envies

 

Nul sens nul symbole nulle destinée

Eternel ressassement reclassement des idoles

Il n'y a pas de matériel dans ce texte


Quant à l'absolu c'est là où le bas blesse

 

C'est là une étape que l'on ne peut plus franchir

C'est la marque où est en partie l'exil

Et dont on ne peut plus revenir


Et ce sera répétitif encore une fois

 

Ce sera répétitif mais moi

Je ne m'en lasserai pas

 

Ces plaies ces pierres sont des couteaux

Demain les corps de réfugiés

Demain se disperser

 

Mais pour toi pourriture humaine

J'aurai des millénaires de travaux forcés

 

Et dormir bordel dormir parce qu'il faut

Casser le rythme


Les fêtes du mois

 

Non je n'ai pas envie d'écrire

Mais je crois que c'est bien c'est rassurant d'être fort

Et c'est bien de le croire

 

Bientôt les fêtes après les fêtes

Mais quand alors puisque jamais

Elles ne s'arrêtent donc jamais après

N'arrive vous comprenez pour les fêtes

Non désolée ça m'échappe je ne comprends pas


e-mail

 

mais l'écriture de merde du passé

peut aussi être un e-mail

donc c'est possible

j'ai 40 000 ordinateurs alors je sais

de quoi je parle

et maintenant je connais des imbéciles

mais du monde entier

 


Nous sommes écœurés de ne pas être des rois

 

Nous sommes viciés de ce trône là

Qui nous est à peine donné déjà volé

Déjà repris déjà reproché

Maintes fois le même nous a montré du doigt

Et c'est bien en vain que rien ne vaut

La peine que l'on prît

 

Je n'en veux pas

Nul n'en veut

Et ne s'en remet

De ce chemin de croix

De ce constat

De non-lieu



Article ajouté le 2009-01-25 , consulté 113 fois

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