SUITE recueil poésie
Ecoute (Sonate au clair de pas la lune)
Ecoute le roi qui va venir
Et son trône est dans le sable
Aucune lumière ne brillera plus désormais
Aucune fenêtre d'avantage ne s'ouvrira
Ecoute l'ange qui va descendre
Ce que tu as cru ne le crois plus
Il n'y a pas dans ces textes de bêtise
Il n'y a pas d'incohérence
Et tout de main de maître nous justifie
Et tout est pour toi
Mon amour
Mon visage est dans cette glace
Et je ne sais pas la différence
Avec un miroir
Je ne sais pas ce que ça cache
De se revoir de se revêtir de la sorte
Je n'ai pas de cigarette
Je ne cours pas derrière je ne sais quoi
Je n'ai pas de recherche précise
Rien d'indélébile rien que je ne fasse
Et qui persiste et qui dure
Ah oui écrire sur l'amour j'allais oublier
Viens mon amour je t'aime
J'aime tes bras et ton cou et tout est à moi
Ta peau est d'ailleurs surtout la mienne
Oui c'est ça
A moi surtout
Ton corps est mieux que mon corps et pourtant c'est le même
La séparation de corps
Ce qui m'agace c'est que j'ai cru
Que c'était moi
Tu vois là je n'ai pas envie d'écrire
Parce que j'en ai marre
De vous
De vos non-sexes
De vos non-calins
De votre non-affection
Putain voilà merde
Je n'ai rien à ajouter
Sinon que c'est nul et que ça me détruit
Voilà quoi rien d'autre
Sinon qu'il faut savoir partir
Maintenant ou demain bientôt quoi
Tu sais pas qui je suis
Tu me parles pas connard
Je te tue
Ce que peut-être tu aimes dans tout ça
C'est que c'est une écriture de fous
C'est ce que tu aimes
N'est-ce pas
Oui après tout pourquoi pas moi je suis folle et ça va
Et j'ai pas dit moi aussi
Parce que les autres ne savent pas
Et pour moi je suis sûre
Entre nous
Entre les hommes et le feu
Il y a la terre des fous
Des visages blêmes de femmes
Et des figures bariolées
Entre ces hommes il y a des mômes
Sans gêne encore à l'âge du silex
Et nous des fils barbelés
Entre les fers de couleurs
Il y a ces gosses qui se taisent
Et sur nos lèvres en crevasse
Il y a la foudre au-dessus
Poète il y a le doute
Et dans tes mains si peu d'espoir
Mais des paroles ébréchées
Que tes doigts de fissure
Ne savent retenir
Toi qui sais que recommence mon être douloureux
Toi qui sais où il reprend d'où il vient
Toi qui sais sois ma destruction sois ma brûlure
Et il reprend sa respiration et il marche dans tes pas
Mort bleue mais moi je ne parle pas d'amour
Normal moi je viole je viole impunément
Tu ne penses qu'à la mort
Oui je ne pense qu'à ça
Nous n'en voulons pas de ta collaboration
Ah bon
Mais je viole la loi je la viole impunément
Je la dissèque et je la vivisectionne
Et moi je ne tue pas des enfants
Pas moi
Non ça ne m'a pas suffit
Tout le monde n'est pas mort
Ou non
Je ne sais pas
Dieu
Montre-moi ta descendance
Est-ce que je peux voir mon nom
Est-ce que je peux le lire
Est-ce que je peux l'entendre
Quel monstre je fais
Ce qui nous a mis dans la merde
Jamais ne nous en sortira-t-elle jamais
Même tes doigts souillés même eux
je les plains
Même eux ils souffrent
Ils ont gratté gratté pour couvrir en vain
La noirceur de ton front
Tu vas dire j'ai tout mis bout à bout
Mais c'est cela
Silence
Silence sur ces rivages
Car il est doux et lointain
Silence il est bon de savoir
Cancer du sein tumeur au cerveau
Silence car il est bon
De retrouver son souffle à présent
C'est moi qui suis libre
Moi qui sais enfin où je vais vivre _ silence
Car enfin je vais finir ce sirop malheureux
Ce fardeau
Je vais je vais _ silence
Après tant de marche courbée
Le dos tremble _ mais moi je n'ai pas marché
Alors qui va être le roi la cire le feu
Grêle
Et avec l'encrier je vous passe l'envie d'écrire
Ce mal de chien
Et le creux de me relire
A la place de l'intestin
Car il est vain l'appel du prisonnier
Reprenez ma plume
Faites-en un lac
Puis attendez le cygne
Avec la patience qu'il me manque

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